permission

21 juin 2012

Permission, de Céline Curiol

Avis de Marilia:

Travailler au sein de « l’Institution » est considéré comme un honneur, et le poste de résumain est un des plus prestigieux au sein de l’organisation. Car le résumain, chargé de faire une synthèse des communications politiques officielles, qu’il devra ensuite diffuser à la presse, a accès au lieu sacré où se prennent, à huis clos, les grandes décisions concernant le fonctionnement du monde…

Chacun des résumains sait qu’il est de son devoir d’épier consciencieusement ses camarades, pour mieux dénoncer tous ceux qui s’écarteraient un tant soit peu de la ligne établie; qui sait si l’un d’eux n’aurait pas l’idée saugrenue, et hautement condamnable, de commettre la faute suprême: lire un roman! Car si les livres n’ont pas totalement disparu, les ouvrages de fiction ont tous été frappés d’anathème, l’imagination étant considérée comme une perversion.

Dans un récit qui, par moments, ne semble pas très éloigné de 1984 de George Orwell et de Farenheit  451 de Ray Bradbury, Céline Curiol réussit, par l’intermédiaire d’une écriture inventive et sensible,  l’exploit d’insuffler une minuscule parcelle d’humanité dans un monde qui laisse le lecteur partagé entre l’effroi et l’espoir que peut-être tout n’est pas perdu…